L’espace-temps et la lumière

Les paradoxes de l’espace-temps

Il m'est arrivé, à plusieurs reprises, de rêver que j'étais presque aveugle. Ces rêves survenaient l'après-midi, dans un état de conscience différent du sommeil nocturne. Plus rares, mais plus dérangeants, ils ne racontaient pas des scènes ordinaires : ils semblaient me placer hors du temps linéaire, parfois dans le passé, parfois dans un futur indéterminé.

Dans certains, j'étais une vieille femme tendant la main à un enfant pour qu'il y prenne les pièces nécessaires à payer le miel acheté à un marchand ambulant, figure ancienne d'un monde rythmé autrement. Dans d'autres, l'épuisement me faisait perdre progressivement la vue, jusqu'à l'endormissement, lequel ouvrait paradoxalement sur un réveil dans la réalité. La cécité onirique devenait alors un passage, non une fin.

Ces expériences ont modifié ma manière de concevoir l'espace-temps. Bien avant d'en connaître les formulations scientifiques, j'avais pressenti ce que la physique nomme la dilatation temporelle. À l'âge de onze ans, à onze heures, le 11 novembre, le temps s'est soudain présenté comme simultanément ralenti et accéléré. Cet instant, impossible à mesurer, a suffi pour sauver un petit être humain. Racontée ainsi, l'expérience peut sembler irréaliste ; elle n'en demeure pas moins vécue, et suffisamment rare pour ne jamais se dissoudre dans l'oubli.

Pourquoi certaines personnes vivent-elles ce type d'expérience et d'autres jamais ? Pourquoi certaines consciences traversent-elles ce type de faille perceptive, tandis que d'autres ne l'expérimentent jamais ? La réponse ne relève sans doute pas uniquement de la neurologie. Il est possible que la sensibilité — cette capacité à percevoir des variations infimes du réel — ouvre parfois des brèches dans la perception ordinaire du temps. Ces expériences, loin de se refermer sur elles-mêmes, ont nourri en moi une interrogation métaphysique durable.

Dans la vidéo ci-dessus, l’intervenant affirme que si un être humain se déplaçait à la vitesse de la lumière, il deviendrait aveugle. Cette idée m'a frappée, car j'avais envisagé l'hypothèse inverse : si la lumière nous traverse, si les photons participent à notre constitution, alors nous allons déjà, d'une certaine manière, à la vitesse de la lumière. Or la relativité nous apprend que plus la vitesse augmente, plus le temps ralentit. Ce paradoxe — presque insoutenable pour la pensée — pourrait être précisément ce qui rend possible la conscience : être pris dans un mouvement extrême tout en conservant un point d'observation.

Lorsque nous observons l'étoile la plus proche, nous savons qu'elle est morte depuis plusieurs années. Nous ne percevons jamais le présent, seulement un passé retardé par la propagation de la lumière. Dès lors, une question surgit : lorsque nous nous voyons, lorsque nous nous regardons les uns les autres, ne sommes-nous pas, nous aussi, déjà en différé ? Si j'ai cinquante ans, ce qui est perçu de moi correspond-il à une image dont la fin était déjà contenue dans le commencement ? Serions-nous à la fois le début et l'achèvement d'un même processus ?

À quoi servirait alors une existence qui serait simultanément naissance et fin ? Peut-être fonctionnons-nous comme un élastique tendu entre plusieurs possibles : la conscience se projette vers une direction de vie pour en éprouver une probabilité, revient à un point d'équilibre, puis s'étire vers un autre possible. Non pour errer indéfiniment, mais pour affiner sa trajectoire, jusqu'à trouver celle qui lui permet de se reconnaître.

Dans cette perspective, l'« astre humain » — cette conscience incarnée — pourrait-il voyager dans le temps sans perdre la vue ? Voyager dans la lumière comporte un risque si nous ne sommes pas, nous-mêmes, suffisamment lumineux. La cécité récurrente de mes rêves pourrait alors être comprise comme une limite symbolique : ce qui ne peut être vu sans transformation intérieure.

À défaut de pouvoir mesurer notre vitesse dans le temps, nous nous déplaçons dans l'espace. Mais si l'espace lui-même pouvait être déplacé, le voyage temporel deviendrait pensable sans atteindre la vitesse de la lumière. Déplacer l'espace reviendrait à plier le temps : non pas avancer linéairement, mais courber. Passer du Moyen Âge à la Renaissance, de la jeunesse à la vieillesse, non par succession, mais par reconfiguration.

Je ne suis pas la seule à tenter une description du temps spatialisé, mesurable, et de la durée pure, irréductible. Bergson affirme que c'est précisément dans ces moments-là que la conscience cesse d'être spectatrice pour devenir créatrice, comme cela m'est arrivé lorsque j'avais 11 ans. Ce n'était pas une anomalie de ma perception ni du temps physique, mais peut-être une coïncidence parfaite entre l'action et la durée intérieure. A-t-elle été guidée par l'adrénaline ou par quelque chose qui me dépasse ? Je ne sais pas l'expliquer rationnellement ; je ne chercherai donc pas à en débattre pour l'instant.

Einstein, lui aussi, a montré à travers sa théorie de la relativité que le temps n'est pas absolu. Mon intuition suggère cependant que la conscience est elle-même un référentiel, et que ce n'est pas seulement la vitesse qui modifie le temps, mais aussi — et peut-être surtout — la qualité de présence.

Lorsque j'essayais de comprendre pourquoi je devenais aveugle dans mes rêves, tout en constatant des troubles de la vision dans la réalité, je ne savais pas si l'un influençait l'autre, s'il me manquait quelque chose pour éviter une somatisation onirique, ou si j'étais « punie » par je ne sais quoi, ou par je ne sais qui.

Avec le recul, je pense que cette cécité survenait précisément lors d'une période de saturation : fatigue extrême, trop-plein perceptif, surcharge émotionnelle. Psychophénoménologiquement, cela pouvait correspondre à une mise hors circuit de la vision externe, lorsque ma conscience ne parvenait plus à intégrer ce qu'elle percevait. Il est possible que ce ne soit pas que je ne voyais plus, mais que voir autrement devenait nécessaire.

Dans ces états de conscience modifiée, la vision a été la première fonction à se suspendre, sans doute parce qu'elle est la plus coûteuse, à la fois cognitivement et symboliquement. La cécité onirique que j'ai vécue a alors agi comme un interrupteur : en fermant le monde extérieur, elle a permis l'émergence d'un autre plan de perception. Ce n'est pas un hasard si, dans ces rêves, la perte de la vue précède le réveil. Elle marque une transition entre deux régimes de conscience.

À ce moment-là, lorsque j'ai pris conscience de tout ce que j'avais subi dans ma vie, ma conscience ne pouvait l'accepter d'un seul tenant tant cela était difficile à intégrer. C'est peut-être pour cette raison que, dans des situations de danger, d'hyper-empathie ou de responsabilité vitale, le cerveau peut entrer dans un état que les neurosciences appellent parfois « hyperprésence ». L'activité narrative se coupe, la pensée discursive s'efface, et l'action se déploie dans une clarté extrême. Le temps ne ralentit pas objectivement : il cesse d'être médiatisé intérieurement.

Cela éclaire aussi le fait que, durant cette même période de ma vie, j'étais souvent en décalage temporel, parfois d'un jour, parfois d'une semaine. J'avais alors quarante-quatre ans. À l'inverse, lors de l'épisode de mes onze ans, il n'y avait plus de « moi face au temps », mais un être entièrement dans le temps, sans distance. Comme l'aurait formulé Bergson, la durée s'était repliée sur elle-même. Les mystiques parleraient d'un ego qui se tait. Les urgentistes évoqueraient un instinct de survie. En réalité, tous décrivent un même phénomène, mais avec des langages différents.

D'un point de vue psychophénoménologique, ce type d'expérience est autant un don qu’une perméabilité de la conscience, c’est un don qui exige, pour se manifester, une conscience capable de se laisser traverser.

Certaines personnes laissent le monde les traverser plus profondément. Elles en paient souvent le prix en fatigue, en hypersensibilité, parfois en solitude, mais elles accèdent aussi à des zones de l'expérience humaine que d'autres ne rencontrent jamais.

C'est peut-être là que se joue l'intuition la plus décisive : la lumière aveugle si nous ne sommes pas lumineux nous-mêmes. Cette idée est à la fois symbolique, psychique, spirituelle et presque éthique. La conscience ne peut supporter certaines vitesses, certaines vérités, certaines intensités, que si elle s'est suffisamment transformée pour les accueillir. À défaut, elle se protège. Elle le fait par la cécité, par le rêve, par l'oubli, ou encore par la linéarité rassurante du temps.

Cela me rappelle un article écrit il y a quelques années, sur le film « Eli », que quelqu’un m’a dit avoir lu récemment. pour ceux intéressés par sa lecture, je mets le lien ici : 

https://www.anne-tournesol.fr/l/6-le-livre-deli-le-temoin/

Peut-être que le temps, la lumière et la conscience ne demandent pas à être compris, mais à être traversés, à la mesure de ce que nous sommes capables de devenir.


S’il y en a qui s’interrogent sur cette fameuse vitesse de la lumière, sachez que nous allons aussi vite qu’elle…



Quand les paroles sonnent la "conne science"


L'ance du soutien


Le nobel de la pierre ou la pierre No-Bel


En 2023, combien de pourcentage de la population obéit aveuglément ? 

Combien d'étudiants obéissent aveuglément à leur professeur sans remettre en question leur autorité combien même elle leur semble incohérente ?

Combien de soldats obéissent aveuglément à leur chef sans remettre en question les ordres combien même ils seraient inhumains ?


Chacun sa route, chacun son chemin

Le 31/08/2023, juste après avoir écrit "Être in the to be, ou pas", la musique dans la tête "chacun son chemin" et je pense en musique à "chacun son être, chacun son verbe, chacun son son, chacun son présent, chacun son auxiliaire", puis je reviens sur (hein ?) "chacun son son". "Son son". Ça me fait penser à quelque chose. Est-ce Samson ? C'est mon son, c'est ton son, c'est son son. Ça fait bizarre de dire son son. Je cherche sur google si ça existe quelque part et en premier lieu, je lis sur l'explication wikipédia : 

"SonSon est un jeu de plates-formes en deux dimensions à défilement horizontal dans lequel le joueur incarne un garçon-singe qui doit rejoindre la statue de Bouddha. Son parcours initiatique est bien entendu semé d'embûches, et c'est à coups de boules de feu et autres prises de karaté que le jeune garçon va devoir se battre ...". 

L'être humain doit lever le plus gros et le plus lourd des rochers qui est celui de sa propre tête. Chaque humain est un enfant singe qui grimpe partout et joue en grandissant et son objectif inconscient au départ est d'améliorer son esprit en connaissance pour que sous ce qui vient ne reste que ce qui va.

(Mais, il semble qu'il existe aussi un film qui s'appelle "Sonson" et qui raconte l'histoire d'un haïtien a qui on a volé la chèvre auquel il tenait tant et qui faute de n'avoir pu obtenir justice a été la chercher lui-même. 

Il y a la conséquence de nos actes et celle des autres. 

Nous répétons, pour éviter l'anarchie que "L'œil pour œil, dent pour dent" n'est pas la solution. Mais il y a des circonstances qui peuvent rendre fou. J'ai vu par exemple cette série où la femme d'un homme se fait enlever et extraire le cœur pour une autre femme en train de mourir dont le mari en souffrance a été jusqu'à payer et choisir la personne à tuer pour la sauver. Celle-ci se retrouve avec des souvenirs de celle dont une part est désormais en elle et commence à mener l'enquête. Sans au départ qu'ils ne sachent quoi que ce soit, les protagonistes (mari de la femme décédée et greffée) se rencontrent et tombent amoureux. D'horreur en horreur, le mari de la femme greffée fait empoisonner la fille de celui qui lui reproche d'avoir tuer sa femme afin qu'il se mette à sa place et qu'il sache ce que ça fait que de vouloir sauver la personne qu'on aime. C'est le cercle vicieux de la reproduction du mal, chacun pensant agir pour le bien. Le bien est du côté de celui qui change d'avis en dernière minute et qui ne veut pas faire comme le meurtrier de sa femme, au grand désespoir de perdre sa fille. Mais il se trouve aussi monstrueusement dans le geste final du grand coupable qui se suicide pour réparer le mal qu'il a fait et organise l'extraction de son propre cœur qui sera greffée sur la fille dont la mère a eu le sien arraché via un trafic d'organes, poussant ainsi le vice à ce qu'il soit impossible de l'oublier.

- Et à part ça, pourquoi tu as choisi ce sujet ? Pour rien

- Ben si, qui ça intéresse ?

- C'est pour faire parler les cons